Les vers dorés – Pythagore

Pythagore – le digne fils d’Hermès

Pythagore est originaire de Samos en Asie Mineure. Il serait né entre -558 et -590 ; ses parents seraient Mnémarque et Parthénis/Pythaïs.

À l’âge de dix-huit ans, il quitte Samos pour commencer sa formation : il passe quatre ans auprès des sages grecs et des sages phéniciens. Il est ensuite initié aux mystères de Tyr, puis à ceux d’Égypte et enfin il séjourne douze ans à Babylone auprès des mages. À son retour à Samos, Pythagore est âgé de cinquante-six ans. Au bout d’un certain temps, alors que sa gloire s’est répandue dans toute la Grèce, il quitte sa patrie et part pour l’Italie du Sud et séjourne notamment à Crotonne.

Son œuvre de prédication, visant à instaurer une nouvelle règle de vie, lui permet de conquérir un grand nombre de fidèles et de jouer un rôle politique fondamental en Italie du Sud et en Sicile. Il fonde une communauté inextricablement religieuse et politique. Mais celle-ci disparaît lors d’un soulèvement populaire contre les pythagoriciens, qui furent massacrés. Les survivants se séparèrent et se mirent à écrire, sur un mode énigmatique et symbolique.

Pour Jamblique, si Pythagore est humain de corps, son âme, elle, est associée à Apollon : il est un être « luminique » envoyé par le Pythien auprès des hommes pour les éclairer et leur faire don de la philosophie.

Ce texte de Pythagore est sans aucun doute à méditer. :

Les vers dorés

  1. La préparation

Honore en premier lieu les Dieux Immortels dans l’ordre qui leur fut assigné par la Loi. Respecte le Serment. Honore ensuite les Héros glorifiés. 
Vénère aussi les Génies terrestres, en accomplissant tout ce qui est conforme aux lois. 

2. La purification

Sois bon fils , frère juste, époux tendre et bon père.
Choisis pour ton ami, l’ami de la vertu ; cède à ses doux conseils,
Instruis-toi par sa vie, et pour un tort léger, ne le quitte jamais.
Si tu le peux, du moins : car une loi sévère attache la puissance à la nécessité.

Il t’es donné pourtant de combattre et de vaincre tes folles passions : apprends à les dompter.
Sois sobre, actif et chaste : évite la colère.
En public, en secret, ne te permet jamais rien de mal et surtout, respecte toi toi-même.
Ne parle et n’agis point sans avoir réfléchi. Sois juste.

Souviens toi qu’un pouvoir invincible ordonne de mourir.
Que les biens les honneurs facilement acquis sont faciles à perdre.
Et quant aux maux qu’entraine avec soi le Destin, juge-les pour ce qu’ils sont : supporte-les ; et tâche, autant que tu pourras, d’en adoucir les frais : Les Dieux, aux plus cruels, n’ont pas livré les sages.

Comme la vérité, l’erreur a ses amants : le philosophe approuve ou blâme avec prudence ; et si l’erreur triomphe, il s’éloigne ; il attend.
Ecoute, et grave bien en ton coeur mes paroles : ferme l’oeil et l’oreille à la prévention ;
crains l’exemple d’autrui ; pense d’après toi-même.
Consulte, délibère et choisis librement.

Laisse les fous agir, et sans but, et sans cause.
Tu dois, dans le présent, contempler l’avenir.
Ce que tu ne sais pas, ne prétend point le faire.
Instruis-toi, tout s’accorde à la constance, au temps. Veille sur ta santé.
Dispense avec mesure, au corps les aliments, à l’esprit le repos.

Trop ou trop peu de soins sont à fuir ; car l’envie, a l’un et l’autre excès, s’attache également. Le luxe et l’avarice ont des suites semblables.
Il faut choisir en tout, un milieu juste et bon.

3. La perfection

Que jamais le sommeil ne ferme ta paupière, sans t’être demandé :
qu’ai-je omis ? qu’ai-je fait ?
Si c’est mal, abstiens-toi ; si c’est bien, persévère.
Médite mes conseils : aime-les, suis-les tous : aux divines vertus ils sauront te conduire.
J’en jure par celui qui grava dans nos cœurs la Tétrade sacrée, immense et pur symbole, source de la nature et modèle des Dieux.
Mais qu’avant tout, ton âme, à son devoir fidèle, invoque avec ferveur ces Dieux, dont les secours peuvent seuls achever tes œuvres commencées.
Instruit par eux, alors rien ne t’abusera : des êtres différents tu sonderas l’essence, tu connaitras de Tout le principe et l’essence.

Tu sauras, si le Ciel le veut, que la Nature, semblable en toute chose est la même en tout lieu. En sorte qu’éclairé sur tes droits véritables, ton cœur de vaincs désirs ne se repaitra plus. Tu verras que les maux qui dévorent les hommes sont le fruit de leurs choix. Et que ces malheureux cherchent loin d’eux les biens dont ils portent la source.
Peu savent être heureux ; jouets des passions, tour à tour ballotés par des vagues contraires, sur une mer sans rive, ils roulent, aveuglés, sans pouvoir résister ni céder à l’orage.
Dieu ! Vous les sauveriez en dessillant leurs yeux. Mais non : c’est aux Humains, dont la race est divine, a discerner l’erreur, à voir la vérité. La Nature les sert.

Toi qui l’a pénétrée, Homme sage, homme heureux. Respire dans le port mais observe mes lois, en t’abstenant des choses que ton âme doit craindre en les distinguant bien ; en laissant sur le corps régner l’intelligence.
Afin que, t’élevant dans l’Ether radieux, au sein des immortels, tu sois un Dieu toi-même !

Publié par KevinPinton

Auteur - "L'encre du coeur" https://www.instagram.com/kevinpinton/

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