Les émotions selon Patrick B.

Sources : « Un alchimiste raconte » – Patrick Burensteinas

Qu’est-ce qu’une émotion ?
Selon Patrick, l’émotion est une énergie en mouvement (E-motion). Á ce titre, dans le monde des êtres humains, elle n’est en soi ni bonne ni mauvaise. C’est ce que l’on en fait qui sera destructeur ou créatif.

Prenons l’exemple d’une 3iem mi-temps de match de foot ou rugby : il se dégage une énergie extraordinaire, chez les joueurs comme chez les supporters. Il vont soit l’utiliser pour se battre, soit pour faire la fête, voire faire les deux à la fois. On pourrait dire qu’il y a une énergie « positive » (faire la fête) et une énergie « négative » (se taper dessus), mais c’est finalement la même énergie, constituée d’émotions mêlées, et qui a l’urgence de sortir d’une façon ou d’une autre.

Or, quelles sont les deux seules façons d’évacuer de l’énergie ? C’est une question de physique, mais la réponse supplante la psychologie car elle est très simple. Il n’y a que deux modes d’évacuation de l’énergie : thermique ou dynamique. ça chauffe ou ça bouge.

1) Thermique/ça chauffe
On devient tout rouge (de colère, de honte, d’émoi, de trac, d’impatience…), notre température corporelle augmente, le ton de la conversation « s’échauffe » également, notre attitude devient « bouillonnante » (de rage ou de passion), voire nous développons des « éruptions » cutanées (bien nommées, car ce sont en effet des petits volcans).

Si l’on nous jette un seau d’eau froide à la figure, notre colère retombe, curieusement.
Pourtant, le motif de la colère n’a pas changé : nous avons seulement évacué thermiquement la surchauffe. Écoutez les expressions :

  • on brûle d’envie ou de rage
  • on a la moutarde qui nous monte au nez
  • on se fâche tout rouge
  • on se consume de désir
  • on s’embrase de passion avant d’incendier l’autre de reproches
  • l’émotion nous marque au fer rouge.

2) Dynamique/ça bouge
Nous balançons des objets à travers la pièce (la vaisselle des scènes de ménage ou le méchant marteau qui nous a tapé sur le doigts), nous projetons notre poing dans la figure de celui qui nous a fait faire de l’émotion, nous partons en courant, nous éprouvons le besoin de nous défouler sur un punching-ball réel ou symbolique et surtout, il y a la dynamique du souffle qui sort. Depuis le simple soupir (de soulagement, de ras-le-bol, de désir…) qui est déjà l’évacuation physiologique d’une émotion, jusqu’au cri (d’effroi, de colère, de joie), en passant par la parole.

Les spasmes du rire et les sanglots sont aussi des modes d’évacuation dynamique de l’émotion. Regardez comment ça bouge. De même que les applaudissements à la fin d’un spectacle qui a suscité en vous de l’émotion. Que disent les mots ?

  • On trépigne d’impatience
  • On tremble de peur
  • On saute de joie
  • On explose de colère
  • On est secoué de larmes
  • On tape du poing
  • On se crispe
  • On s’agite.

En somme, on est ému et mu : au sens littéral , on est mis en mouvement (mouvoir et émouvoir ont la même racine).

A propos de la psychologie
Deuxième différence avec la psychologie : il est, d’après Patrick, inutile et inopérant de rechercher la cause d’une émotion. La seule chose qui compte, c’est de trouver comment l’évacuer. Nommer la cause ne saurait permettre de l’évacuer, puisque l’on considère cette émotion comme une énergie mécanique. La recherche de la cause est d’ordre intellectuel alors que son évacuation est physiologique (thermique ou dynamique).

Patrick déclare : « Je peux comprendre que la psychanalyse puisse aider des gens, mais je ne la partage pas, parce que la cause apparente importe peu, la cause fondamentale étant que nous arrivons tous au monde chargés de nos sacs de sable (nos émotions) et que nous devons nous en débarrasser. »

A propos de la psychogénéalogie
Quand à l’héritage psychogénéalogique, je ne le valide pas non plus. Pour Patrick, cela consiste à se faire des nœuds au cerveau en supposant des liens de cause à effet tirés par les cheveux (je me suis fait mal au pied à 20 ans parce que mon grand-père s’est fait mal au pied il y a 20 ans), et encore moins un héritage émotionnel prétendument lié à nos vies antérieures.

Patrick pense qu’il y a une différence entre la lignée physique du corps (lequel dépend génétiquement du corps de ses géniteurs) et la lignée de l’âme, qui emprunte ce corps-là, avec son bagage génétique comme simple véhicule. Et puis, si on croit à tout cela, on ne s’en sort pas ! Déjà, se tourner vers le passé, c’est louper sa vie au présent. Mais en plus, s’il faut remonter à toutes ses vies antérieures, quand est-ce qu’on prend le temps de bien vivre celle-ci, je vous le demande ?

Retour à la psychologie
Troisième point d’achoppement avec la psychologie : Patrick ne crois pas au prétendu « travail sur soi », à la volonté de s’améliorer. Il déclare que : « Je pense qu’on se libère de ses émotions en leur permettant de sortir, mais pas en les maîtrisant. Quand on souffle dans une flûte, un son en sort. On peut boucher un trou, deux trous, le son sera différent, mais il sortira de toute façon.

Ce souffle est comme le soufre ; les trous de la flûte sont les formes que prend cette émotion. Bouchez le trou de la peur, le soufre sortira par le trou de la colère : de toute façon, le souffle est là, il doit sortir.

Cela n’engage que moi, mais je crois que vous vous libérerez plus facilement d’une émotion douloureuse en allant faire un footing qu’en cherchant ses origines sur le divan. C’est-à-dire, l’exprimer sur le divan, pourquoi pas, c’est une façon de la faire sortir. Mais en chercher l’origine, faites-le si ça vous fait plaisir, mais selon moi, ce n’est pas ainsi que l’on s’en libère.

Patrick rajoute : « Je sais combien ces propos peuvent paraître surprenants, voire choquants, dans la société occidentale teintée de morale chrétienne et de psychanalyse. Ils sont beaucoup plus faciles à accepter par des Extrême-Orientaux, qui n’ont pas le même rapport à l’émotion , et ne s’en font pas une gloire.

Par exemple, avez-vous remarqué le nombre d’estampes japonaises de samouraïs en train de loucher ? Pour nous, occidentaux, qui ne possédons pas les codes, c’est pour le moins étrange voire loufoque ou signe de folie. Bien au contraire, il s’agit d’une technique commune à de nombreux arts martiaux, permettant de faire fonctionner le cerveau reptilien (celui qui en cas de danger coupe toute émotion pour assurer notre survie par réflexe). Pour accéder de façon immédiate à ce cerveau, il suffit de regarder en l’air et de bouger latéralement les yeux. C’était une technique bien connue des samouraïs : ainsi connectés à leur cerveau le plus animal, ils n’éprouvaient plus ni peur, ni colère, ni impatience, ni pitié, ni aucune autre émotion et pouvaient alors se concentrer sur le meilleur geste à effectuer dans l’instant.

A l’inverse, songez à la fée Clochette dans Peter Pan. Elle est dotée du pouvoir de faire voler les gens au moyen d’une poudre d’or qu’elle répand sur eux. Mais la malheureuse, amoureuse, devient jalouse. Quelle en est la conséquence de cette terrible émotion ? Elle perd ses pouvoirs. Traduction : le Spiritus ne peut plu s’élever quand l’émotion le plaque au sol terrestre, donc le terrasse.

Mais voilà, nous sommes tous comme Clochette, nous cherchons les émotions ! Pourquoi ? Parce que c’est gratifiant. Parce que ça nous remue. Parce qu’on a envie qu’il se passe des choses. Parce que ça nous rend vivants, croit-on !

Personne ne veut d’une vie plate. Et un bon roman ou un bon film, selon nos critères occidentaux, c’est un roman ou un film « plein d’émotions ». Le plaisir est du côté de l’émotion. Mais pas le bonheur. Le flirt, la passion et le désir sont du côté de l’émotion. Mais pas l’amour.

Bien sûr que la vie est l’émotion : l’émotion c’est la manière que l’univers a trouvée pour dissiper son énergie ! Nous sommes les plaquettes de frein de l’univers. La vie, on trouve ça merveilleux, mais c’est un sous-produit, c’est un déchet, c’est ce que l’univers a inventé pour perdre son agitation et retrouver in fine son immobilité. Alors jouons le jeu, et utilisons au mieux cette énergie qui nous est allouée. Sans perdre de vue notre horizon de paix.

Le grand jeu de l’émotion
Pour jouer ce jeu, nous sommes des animaux sociaux : nous cherchons la présence de nos comparses. Et la meilleure manière que nous avons trouvée pour dissiper nos émotions est généralement de les refiler à quelqu’un d’autre. Sans s’en rendre compte, quand on est la proie d’une émotion, plutôt que de traiter soi-même le problème, on se dit qu’il est plus simple de le mettre sur les épaules de quelqu’un avec qui a on a des liens. Toutes les relations humaines sont de cette nature-là, excepté l’amour qui n’est justement pas une émotion.

La réaction la plus fréquente pour l’être humain qui fabrique de l’émotion, c’est de renvoyer cette émotion à la personne (voire à l’objet) dont on suppute qu’il nous l’a fait faire… voire à quelqu’un d’autre qui passait par là. Exemples :

  • Je me prend une porte dans la figure, je lui donne un coup de pied dedans.
  • J’ai peur : je crie
  • J’enrage à cause d’une contrariété : je le raconte à mes collègues
  • Je souffre : je te fais souffrir
  • J’exulte : je déverse mon désir sur toi
  • Mon chef m’exaspère, j’engueule mon compagnon

L’exemple typique de l’ami qui se sent mal et qui nous parle par téléphone
Un ami nous appelle au téléphone parce qu’il/elle se sent mal et déverse ses poubelles dans nos oreilles en nous racontant ses problèmes pendant une heure au téléphone. A la fin, cet ami nous dit « Ah ! ça m’a fait du bien de te parler, je me sens mieux! », et il/elle raccroche.

Mais nous, nous venons de récupérer ses poubelles, nous sommes saturé de soufre. Et là, notre compagnon, notre femmes, notre chien passe devant nous. Pas de chance, l’énergie que nous avons récupérée se retourne comme l’infortuné(e). Nous évacuons sur lui/elle une colère qui n’est pas la nôtre : il/elle s’en prend plein la figure. Et ce n’est pas tout : énervé(e) par l’injustice de nos reproches, il/elle va se défouler à son tour sur quelqu’un d’autre. On peut appeler cela le principe de la patate chaude.

L’exemple du parent et de l’enfant
Ce principe (de la patate chaude) est particulièrement visible entre un parent et un enfant. Nous disons à un enfant quelque chose qui ne lui plaît pas, il nous regarde en soufflant (ce qui est une bonne manière d’évacuer du soufre). Évidemment, cela induit chez nous une réaction. Soit thermique, nous devenons tout rouge. Soit dynamique, nous lui mettons une claque (décharge d’émotion mécanique, nous allons le regretter). L’enfant se met alors à pleurer (décharge d’émotion par le souffle et les larmes). Nous nous excusons (l’émotion de l’enfant nous gagne), nous le prenons dans nos bras.

Dommage que nous n’avons pas commencé par ça, mais ça nous apparaissait impossible : nous ne pouvions pas le faire auparavant, nous avions trop d’émotion. Mais dés lors que l’on parvient, c’est parce que l’émotion est sortie et nous sommes alors disposé à la tendresse.

Je ne dis pas ce que c’est bien, mais je constate que l’on fonctionne de cette façon, quand on est pas un grand sage. La meilleure manière de clore une dispute, c’est, une fois l’émotion évacuée, de finir dans les bras l’un de l’autre.

Les émotions et la famille
Tous nos liens peuvent être examinés sous l’angle de cette propension mécanique que nous avons à nous libérer de nos émotions sur nos proches. C’est terriblement vrai entre une mère et son enfant : si l’enfant à du psoriasis, il est très probable qu’en soignant le stress de sa mère, le psoriasis disparaisse chez l’enfant. Car le lien entre eux fait qu’elle lui communique sont émotion de stress. Il est très fréquent que les enfants se remplissent du soufre de leurs parents.

Un autre exemple : la mère se fâche continuellement contre sa fille qui encaisse son soufre et ne dit rien, parce qu’elle respecte l’autorité maternelle. Parallèlement, la mère s’agite et fait tout à la maison. Quand la fille s’apprête à agir, la mère dit « Laisse, je vais le faire ! » Elle substitue sa propre agitation à celle que sa fille aurait du dépenser. Double ration de sacs ! Quand la fille aura grandi et que ses sacs de soufre seront bien lourds, elle essaiera de couper ce lien. Ce sera terrible pour la mère, elle gémira : « Je me suis sacrifiée, j’ai tout fait pour toi (j’étouffais pour toi)« . Et la fille pourra répondre : « Mais je ne t’ai rien demandé. ». Si la fille s’émancipe en effet, la mère fera son possible pour la culpabiliser, ce qui est une autre façon de transmettre son émotion : amener quelqu’un à faire quelque chose qu’il n’a pas envie de faire au nom de ce qu’il devrait faire. De sorte que cette manière, le lien soit renoué. Il y a les mères poules, mais celles-ci, on les appelle les « mères poulpes » : celles qui nous attachent.

La leçon de Mère nature par rapport aux émotions
Les animaux ont un grand avantage sur nous : si je fais peur à un lapin, il détale tout de suite, il ne viendra pas m’en faire le reproche dans une semaine ou dans un an ! Patrick conseille toujours de ne pas garder ses émotions, sous peine de leur laisser « faire des petits », si je puis dire. Si j’ai un différend avec quelqu’un, je l’exprime tout de suite. Ca plaît, ça plait pas, tant pis, au moins ça circule.

Tant que l’émotion est fluide, on peut l’utiliser en force d’action, si possible d’action commune. Un couple qui fonctionne a forcément des projets communs et là, l’énergie se transforme en action. Il n’y a rien de pire que de l’émotion stagnante, qui s’amplifie toute seule et ne sert à rien. Elle se retourne forcément contre nous. Elle nous empoisonne le sang.

Les actions qui découlent d’une émotion stagnante
Faire de l’émotion n’est pas un problème tant que l’on peut la dépenser. Mais regarder toute la journée les nouvelles catastrophiques du monde à la télévision, sans quitter son fauteuil : voilà qui rend malade. Parce qu’on fabrique de l’émotion par compassion pour toutes les horreurs qu’on nous montre, et cette émotion nous reste sur les bras.

Alors on va s’inventer des ONG pour aller sauver le monde, fait qui ne part même pas toujours d’une volonté de bonne action, mais surtout de solution pour évacuer tout ce soufre que l’on nous a asséné en nous montrant des vilenies des 4 coins du monde.

Notions alchimiques

Il existe une représentation de Mercure/Hermès où on le montre en train de déféquer en dehors de sa maison. Le message alchimique est clair : si tu veux avoir la paix dans ta maison, laisse tes émotions dehors. Si tu veux avoir un esprit pur (mercure), laisse sortir tes selles (sel). Le sel est un agent fixant, il fixe le feu. Or, les larmes et la sueur contiennent du sel. Ainsi, pleurer comme transpirer permet d’évacuer de façon dynamique les émotions vers l’extérieur.

Les peintres japonais (encore eux) ne s’y sont pas trompés : certains récupéraient les larmes pour peindre avec ce fluide, parce qu’il était chargé d’émotions fixées par le sel.

Un mot sur la Corrida
Patrick dit : « Je ne suis ni pour ni contre. Je vois seulement dans cette résurgence du culte de Mithra, une parabole de notre vie. Le taureau, c’est nous. Le drap rouge, c’est le désir après lequel nous courons. Les banderilles sont toutes les vicissitudes de la vie, les émotions, tout ce qui est perçant, qui fait jaillir notre sans, qui fait jaillir les mots et les émotions.

Quand on en peut plus, quand on est « vidé » de ses émotions, on met un genou à terre et on fait face au torero. Le voilà qui arrive, dans un habit de lumière et qui, grâce à son épée droite qui va pénétrer à la jointure de la 7iem cervicale, il nous rectifie (rendre droit). La mort du taureau, c’est aussi le passage de la lumière.

Conclusions
Comment faire avec son soufre et avec celui que les autres nous donnent ? Que répondre à la copine, la mère, (le collègue, le mari, le fils, etc…) qui nous déverse ses poubelles ?

1) Refuser le paquet
« Tu es gentil mais stop, tais-toi, je n’en ai rien à faire de tes histoires, j’ai déjà assez de soufre en moi ». Le problème, c’est que la personne en question va rester avec le soufre qu’elle ne peut vous donner. Ne pouvant plus le faire avec votre consentement, elle va tenter de le faire de force. Ce soufre va se transformer en rancœur à notre égard. Elle va nous en vouloir, nous dire que nous sommes méchant. Nous devenons alors l’objet de médisances, de calomnies. Car, quoi qu’il arrive, nous devons prendre ce soufre. Nous ne sommes plus un ami mais un « soufre douleur ».

2) La transmutation
L’autre solution est de transmuter le plomb des poubelle en or. Si la sagesse nous a touché, nous devenons capable d’accueillir les émotions des autres. Cela s’appelle la compassion. Nous ne sommes plus dans le jugement, dans la soufr-ance. Nous savons que nous pouvons transmuter cette énergie destructive en énergie de construction.

Nous sommes comme les saints qui acceptent et recueillent la souffrance sans faillir. Les hindous disent que le maître prend le karma de ses disciples. ça ne veut pas dire que nous allons expliquer à l’autre comment régler ses émotions, mais nous l’écoutons, nous l’allégeons. Mais tout le monde n’est pas un saint, ou pas à plein temps.

Options pour se délester de l’émotion
De façon thermique : prendre une douche froide.
De façon dynamique : faire le tour du pâté de maisons jusqu’à ce qu’on se sente calmé.
Il existe d’autres façons dynamiques qui passent par la respiration. On l’a dit : le souffle est la façon d’éliminer le soufre.

Ayons conscience d’une chose, c’est que nos poumons sont la plus grande surface du corps qui soit en contact avec l’extérieur, par le biais de l’air. Si on dépliait la surface de toutes les petites alvéoles, on arrive à 140m2 ! Inspirer et expirer à fond, c’est ce qu’on va conseiller à quelqu’un qui suffoque d’émotion; c’est aussi la base du yoga.

Publié par KevinPinton

Auteur - "L'encre du coeur" https://www.instagram.com/kevinpinton/

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